
Problématique : Comment travailler le Français ?
tel qu’il est demandé dans les IO
dans le contexte de la prise en charge d’une suppléance
notamment de courte durée.
Nous avons choisi une des réponses possibles, celle d’utiliser des albums comme support.
Afin de développer mon propos, je vous propose :
de resituer la lecture écriture en référence aux IO
de donner un exemple de fiches que nous analyserons
de préciser les spécificités de l’album ainsi que les pistes d’utilisation possibles
enfin, à partir d’albums, nous construirons des préparations d’activités : outils que vous pourrez utiliser dans le cadre des suppléance
| L’apprentissage de la Lecture /Ecriture : |
L’école a pour mission non seulement d’apprendre à lire aux enfants mais aussi de leur donner envie de lire et d’aimer lire. Si l’enfant doit faire un gros effort pour apprendre à lire, faire perdurer le goût de lire est particulièrement difficile.
On peut constater :
que d’une part l’élève de Maternelle désire et aime lire mais que ce souhait et ce goût diminuent au fur et à mesure du cursus scolaire.
que l’apprentissage de la lecture est une maîtrise technique indépendante du livre lui-même. Il dépend des Parents, des Enseignants, des Elèves mais aussi des méthodes qui restent toujours une problème d’actualité.
La lecture est axée sur la compréhension mais aussi liée à la production d’écrits. Promouvoir l’utilisation des manuels limite l’univers offert aux élèves et propose un programme (CP).
Au cycle 3, les recueils de morceaux choisis ne sont pas non plus recommandés car d’une part, c’est leur offrir des savoirs éclatés et d’autre part, contrairement à ce qu’on pourrait penser, les élèves ne vont pas chercher l’œuvre intégrale.
Les écrits et les textes créés par les élèves peuvent être utilisés mais pas forcément comme bases de lecture car de même que les écrits sociaux, ils sont très pauvres sur le plan linguistique.
Pour toutes ces raisons, l’utilisation de la Littérature Jeunesse de la Maternelle au cycle3 est vivement recommandée.
Elle répond à plusieurs objectifs fondamentaux :
donner le désir de lire
donner le goût et le moyen d’écrire
enrichir l’imaginaire
mettre en place des structures syntaxiques
multiplier les entrées dans la lecture.
La découverte d’un livre de littérature jeunesse est un moment déterminant,
chargé d’émotion,
qui suscite la curiosité,
qui crée une atmosphère,
et qui est encore tout à fait recevable au cycle3.
Elle favorise la lecture en réseau par exemple avec un support musical associé
Elle est incitative dans le sens où la lecture de la 1ère et de la 4ème de couverture, le feuilletage permet l’émission d’hypothèses vérifiées lors de la lecture.
Elle permet à l’enfant de se forger une posture devant le livre qui devient aussi un objet de plaisir.
Elle permet les échanges sur un élément concret, une culture commune au groupe classe.
Enfin, elle réconcilie l’élève en difficulté avec la lecture.
L’utilisation de l’album en classe permet en plus d’établir des rapports entre les illustrations et le texte. L’exploitation de romans en classe, sous la forme par exemple d’une lecture individuelle restituée montre que le romancier s’inspire de l’existant et développe ensuite un point de vue personnel. La relation lecture/écriture nécessite une participation active de la part des enfants. Il s’agit d’aller voir comment font les experts pour créer des outils (idées - syntaxe) qui sont ensuite utilisés pour écrire ou réécrire.
Attention aux dérives :
Il ne s’agit pas de faire de la littérature jeunesse un prétexte pour faire de la grammaire, du vocabulaire ou de l’orthographe. Par contre, la rencontre d’une structure grammaticale ou syntaxique peut amener une meilleure compréhension de la lecture. Des analyses des évaluations 2nde ont montré qu’en fait les élèves ne manquaient pas de culture mais plutôt de compétences pour effectuer les mises en relation des informations connues pour comprendre les textes. Pour cette raison, sont favorisés actuellement des séquences de Français, des projets de Lecture /Ecriture.
L’Ecole est le seul lieu où sont possibles des activités réflexives sur la langue : s’interroger sur ce que j’ai fait, comment je l’ai fait, est-ce que l’exercice a été concluant ou non et pourquoi ?
L’exploitation d’un livre a aussi un autre intérêt : celui de renvoyer à d’autres lectures. Exemple : « Il y a un alligator sous mon lit » peut amener l’élève à avoir envie de mieux connaître les alligators et à donc rechercher un livre documentaire sur le sujet. La lecture en réseau est ainsi créée.
Les choix des albums se feront suivant 3 axes :
en fonction d’un projet : l’album peut être un déclencheur d’intérêt ou un guide pour une piste de travail
en fonction de la démarche en lecture : lier le lire /écrire ; mieux comprendre le texte pour mieux écrire, écrire étant le seul moyen de réfléchir. Manipuler la langue amène à mieux en comprendre le fonctionnement.
en fonction du prolongement : exploitation théâtrale, plastique ou création d’un livre animé.
2 écueils :
L’école n’est pas là pour proposer des lectures de détente.
La littérature ne doit pas être utilisée pour des activités d’orthographe, de grammaire ou de vocabulaire
Conclusion :
Maintenir le plaisir de Lire, l’émotion, développer la compréhension sont les objectifs généraux prioritaires dans l’apprentissage du fonctionnement de la Langue. La littérature Jeunesse est le support par excellence pour atteindre ces objectifs.
Question : quelle démarche avoir lorsqu’on rencontre une structure syntaxique intéressante ?
Ce n’est pas tant au moment de la lecture de l’album qu’on s’intéressera à cette structure mais plutôt dans le cadre d’un projet d’écriture. Par exemple, il est demandé aux élèves d’écrire une suite de l’histoire. Lors du 1er jet, des problèmes apparaissent notamment dans le phénomène des reprises. On retournera alors vers le livre afin d’analyser comment a fait l’auteur pour régler ce problème.
Question : qu’en est-il des progressions ?
Les progressions paraissent difficiles à imaginer. Les programmations seraient des outils plus pertinents. Le choix des albums selon leurs spécificités peut aider le maître à retrouver ses anciennes progressions.
Démarche notamment au CP :
Avant de commencer la lecture :
moment de contact, 1ère et 4ème de couverture
entrer dans l’histoire par un parcours du livre
émission d’hypothèses qui définissent le contexte et aide ainsi l’élève à rentrer dans le texte.
Pendant la lecture :
découverte du texte chronologique
reconnaissance des mots connus, des analogies, des structures syntaxiques, utilisation de la combinatoire, des aides.
Activités d’entraînement
Création d’outils :
Collectifs : textes déjà lus, autant de points d’appui pour amener l’élève à l’observation réfléchie de la langue, tableaux récapitulatifs, écrits de la vie de la classe, listes analogiques grammaticales, tout document pouvant servir le temps du projet.
Individuels : reconstitution de l’album à partir de photocopies, répertoire de mots rencontrés.
Après la lecture, production d’écrits avec retour au livre éventuel
écrire avec des étiquettes, réécrire l’album, composer d’autres phrases avec des mots connus, socialiser l’écrit, le mutualiser dans la classe
évaluer les savoirs (mots... syntaxe, grammaire, orthographe)
Deuxième partie de cette intervention : La spécificité des albums